Le Castellet, France, © Marva A. Barnett










Comment commenter les figures de style:
Quelques exemples d'«Un Coeur simple» écrits par des
étudiant(e)s et par le prof

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  • «Puis la ville se remplissait d'un bourdonnement de voix, où se mêlaient des hennissements de chevaux, des bêlements d'agneaux, des grognements de cochons, avec le bruit sec des carrioles dans la rue.» (Livre de poche, p. 28, paragraphe 2) (l’énumération) [PPP: p. 599, ll. 11-13]

    commentaire: Flaubert fait une liste des bruits de la ville pour démontrer la grande somme d'activité autour de la maison de Mme Aubain. Il utilise cette énumération afin de peindre une image mentale pour le lecteur; en plus, le lecteur peut, à travers cette énumération, «écouter» l'histoire. Alors, le lecteur se sent qu'il est dans la rue avec les cochons, les agneaux, les chevaux, et les carrioles—il fait partie de l'action.

  • «. . . la mer, au loin, apparaît comme une tache grise.» (Livre de poche, p. 33, paragraphe 2) (la comparaison) [PPP: p. 600, l. 12]

    commentaire: Cette comparaison donne à la mer la qualité d'une mauvaise augure. La mer devient une grande obscurité, même un peu intimidante, à cause de cette comparaison.

  • «Pourquoi l'avaient-ils crucifié, lui qui chérissait les enfants, nourrissait les foules, guérissait les aveugles, et avait voulu, par douceur, naître au milieu des pauvres, sur le fumier d'une étable?» (Livre de poche, p. 47, 1ère phrase) (le style indirect libre) [p. 606, ll. 8-10]

    commentaire: Avec cette phrase la perspective qui était d’abord objective («Puis, elle pleura en écoutant la Passion») devient très personnelle: le lecteur entre dans les pensées de Félicité. Par sa question détaillée et émotionnelle, on peut voir que Félicité s'identifie de très près avec Jésus; elle se concentre sur ses actions généreuses et pleines de bonté, des actions qu'elle voit de leur côté humaine.

  • «. . . le troupeau de vierges portant des couronnes blanches . . . .» (Livre de poche, p. 49, l. 5) (la métaphore) [PPP: p. 607, l. 9]

    commentaire: En appelant ces jeunes filles qui prennent leur première communion «un troupeau», Flaubert les compare à des agneaux, ainsi faisant allusion au Christ («l'Agneau») et aussi à la prière l'Agnus Dei. Le mot «vierges», ainsi que le fait qu'elles portent des «couronnes blanches», renforce l'idée de l'innocence des jeunes filles. Par cette métaphore (offerte peut-être du point de vue de Félicite, qui vient d'épouver «une angoisse», Flaubert souligne le fait que Félicité adore Virginie, qui fait partie de ce «troupeau».

  • «. . . au fond, de grandes herbes s'y penchaient, comme des chevelures de cadavres flottant dans l'eau.» (Livre de poche, pp. 59-60) (la comparaison) [PPP: p. 611, l. 31]

    commentaire: Cette comparaison nous montre les pensées de Félicité au sujet de Victor (dont elle vient d'apprendre la mort). Elle est très triste et agitée aussi, alors elle voit la mort dans les herbes, dans l'eau, partout en fait. Les herbes, pour elle, sont les cheveux de Victor, humides et molles. Il est intéressant aussi de noter qu'elle imagine Victor noyé, en effet, même si elle ne sait pas encore comment il est mort.