Le Castellet, France, © Marva A. Barnett










Une synecdoque ou une métonymie? Quelques ambiguités . . .

Voici trois définitions:

métonymie

n.f.(1521; bas lat. metomymia, mot gr. "changement de nom"). Figure de rhétorique, et par ext. Procédé de langage par lequel on exprime un concept au moyen d'un terme désignant un autre concept qui lui est uni par une relation nécessaire (la cause pour l'effet, le contenant pour le contenu, le signe pour la chose signifiée). Boire un verre (le contenu), ameuter la ville [= attrouper la ville dans une intention de manifestation hostile] (les habitants), sont des métonymies.
--Petit Robert 1, 1977.

n. Rhet. the use of the name of one object or concept for that of another to which it is related, or of which it is a part, as "scepter" for "sovereignty," or "the bottle" for "strong drink," or "count heads (or noses)" for "count people." [<LL (late Latin) metonymia <Gk: change of name . . .].
--Random House Dictionary of the English Language, The Unabridged Edition, 1969.

(Rhet.): 'name-change'. Substitution of an attributive or other suggestive word for the name of the thing meant, as when the Crown, Homer, wealth, stand for the sovereign, Homer's poems, & rich people.
--Fowler, H. W. A Dictionary of Modern English Usage. Oxford: Oxford Univ. Press, 1944.

synecdoque

n.f. (Sindoche, 1521; lat. dynedoche; gr. sunekdokhê "compréhension /simultanée"). Didact. Figure de rhétorique qui consiste à prendre le plus pour le moins, la matière pour l'objet, l'espèce pour le genre, la partie pour le tout, le singulier pour le pluriel ou inversement (ex.: les mortels pour les hommes; un fer pour une épée; une voile pour un navire).
--Petit Robert 1, 1977.

n. Rhet. a figure of speech in which a part is used for the whole or the whole for a part, the special for the general or the general for the special, as in "ten sail" for ten ships or "a Croesus" for a rich man. [ L < Gk synekdoche, equiv to syn- SYN- + ekdoche act of receiving from another . . .].
--Random House Dictionary of the English Language, The Unabridged Edition, 1969.

(Rhet.): 'inclusive extended acceptation'. The mention of a part when the whole is to be understood, as in A fleet of fifty sail, i.e., ships), or vice versa as in England (i.e., the English cricket XI) won.
--Fowler, H. W. A Dictionary of Modern English Usage. Oxford: Oxford Univ. Press, 1944.

NOTEZ BIEN: Etant donné la variété des définitions de ces deux figures de style, ce qui compte dans cette section de FREN 332, c'est de reconnaître des figures de représentation et de les analyser, sans nécessairement les identifier comme "métonymie" ou "synecdoque", par exemple:

Dans la scène où les Parisiens viennent à la ville et admirent la petite Bouilloux, Colette nous montre clairement comment cette jeune femme diffère des autres en utilisant plusieurs figures de style puissantes. Tout en identifiant la petite Bouilloux comme "une créature" (l. 111), une appellation qui la groupe avec les autres femmes, Colette met ces mots dans la bouche d'un Parisien: "Cygne parmi les oies . . . Un Greuze!" En comparant la petite Bouilloux à un cygne (et les autres femmes aux oies), Colette souligne à la fois ces différences et la grâce et la grande beauté de la protagoniste. En plus, lorsqu'on lit que la petite Bouilloux est "un Greuze", on pense probablement non seulement à un portrait spécifique de Greuze mais plutôt à l'ensemble des portraits de belles femmes peints par celui qui a représenté "des visages d'enfants et de jeunes filles d'une grâce mièvre [d'une grâce quelque peu enfantine et sans intérêt], dont l'expression innocente apparaît savamment équivoque" (Le Petit Robert 2, 1977, p. 781). En effet, parce qu'on sait à travers l'histoire qu'on doute de l'innocence de la petite Bouilloux, le choix d'identifier la petite Bouilloux comme "un Greuze" approfondit notre compréhension de ce personnage.